La façade du Theatro, après la fusillade du 1er juillet.
La façade du Theatro, après la fusillade du 1er juillet. - M.Libert / 20 Minutes

Gilles Durand

La détention d'armes de guerre au cœur des préoccupations. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est rendu lundi matin, à Lille, pour rencontrer les forces de l'ordre. Une visite qui fait suite aux deux fusillades survenues devant des discothèques à Lille, le 1er juillet, et près de Cambrai, dimanche. Il a évoqué la problématique de la délinquance en lien avec les établissements de nuit.

Manque de formation
« Le ministre a affirmé, à cette occasion, qu'il ferait de l'application drastique de la réglementation sur les armes et de la lutte contre les trafics d'armes interdites, une priorité de son action », annonce un communiqué de la préfecture du Nord. Une loi du 6 mars 2012 vise à ce que des personnes condamnées pour violence ne puissent plus acquérir ou détenir légalement des armes. « Ce n'est pas un problème de législation. Ce qui manque à la police, ce sont les moyens humains et matériels pour mener des investigations en profondeur et pouvoir démanteler les réseaux », dénonce Thierry Depuyt, du syndicat Unité Police. Même requête du syndicat Alliance devant une recrudescence des découvertes d'armes à feu illégales (voir encadré). « Il faudrait créer des groupes de lutte anti trafic d'armes et former les policiers à ça. Ce qui n'est pas le cas », s'indigne Olivier Berton, du syndicat Alliance. Lequel regrette aussi la lourdeur des procédures : « La police n'a, par exemple, aucun moyen légal de perquisitionner le coffre d'un véhicule sans commission. »

Guerre des chiffres

Fin mars, 20 Minutes publiait les chiffres des découvertes d'armes à feu dans le secteur de Lille : augmentation d'un tiers, selon Unité Police (69 en 2010, 96 en 2011). « Il n'y a aucune transparence sur les chiffres officiels », dénonce Alliance. Contactée à ce sujet, la direction départementale de la sécurité publique n'a pas souhaité s'exprimer.