Le site du 11/19 est désormais classé.
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Gilles Durand

Mine réjouie pour l'association Bassin Minier Uni (BMU). L'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a été officiellement inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco samedi, lors d'une réunion des pays membres à Saint-Pétersbourg, en Russie. Le lendemain, ce sont quatre sites miniers belges qui obtenaient, à leur tour, la même consécration. Une première dans le monde pour un bassin industriel. L'an dernier, le dossier nordiste n'avait finalement pas été retenu.

« Pas une réserve indienne »
Plus de vingt ans après la fermeture du dernier puits à Oignies, ce sont donc 353 sites ou constructions qui entrent dans ce patrimoine historique au titre de « paysage culturel évolutif vivant ». Il s'agit de 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, 3 gares, 124 cités, 38 écoles, ou encore des églises et des salles des fêtes sur un territoire qui s'étend sur 120 km, soit 87 communes entre Enquin-les-Mines à Condé-sur-l'Escaut. « C'est une énorme émotion parce que cette inscription élève au rang d'exceptionnelle et d'universelle la vie ordinaire de milliers de mineurs », souligne Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle et président de BMU.
Ce dernier avait lancé le défi en 2003, avec le soutien de Pierre Mauroy, alors président de la Communauté urbaine de Lille. « Cela a demandé beaucoup de travail pour préparer les élus, mais le vent a tourné et l'arrivée du Louvre-Lens fait partie de cette dynamique », expliquait l'an dernier, lors de la première tentative, Frédéric Kowalski, chargé d'étude en patrimoine à l'association La Chaîne des terrils. « L'objectif n'est pas de figer le territoire en réserve indienne, lance Jean-François Caron. Mais les élus et les acteurs économiques doivent se servir de cette reconnaissance pour lancer une nouvelle phase de reconversion. » Le défi n'est pas terminé.

contestation

En 2009, lorsqu'il avait fallu inscrire 69 bâtiments à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques dans le cadre de ce projet, certains élus avaient montré leur désaccord, craignant trop de contraintes d'urbanisme.