Les Flandres pleins gaz

0 contributions
Publié le 21 juin 2012.

Reportage Un gazoduc reliera le futur terminal méthanier de Dunkerque à la Picardie

Quand le gaz taille sa route, ça se voit. C'est un chantier titanesque qu'a lancé en mars l'entreprise GRT Gaz : l'installation d'un gazoduc de 50,746 km de long entre Pitgam (Nord) et Nédon (Pas-de-Calais). D'ici à la fin 2012, près de 500 salariés s'activent pour préparer, souder et enterrer 36 497 tonnes de tubes en acier haute performance. C'est le premier tronçon d'une autoroute du gaz de 191 km (« Hauts de France II ») qui transportera, d'ici à 2015, du méthane à 85 bars (85 fois la pression atmosphérique), entre le futur terminal méthanier de Loon-Plage et la station de Cuvilly dans l'Oise.
Sept rivières et un watergang (fossé de drainage) vont être traversés, ainsi que 27 routes. « Pour les traversées, nous mettons en œuvre un mini-tunnelier », raconte Nicolas Weber, superviseur du chantier. Sa mission : assurer une progression de 400 mètres par jour. « Nous ne réalisons l'enfouissement des tronçons qu'à la fin du chantier, car le sol doit être parfait », explique l'homme de l'art.

Sécurité maximum
Pas question, en effet, de fragiliser l'ouvrage, dont les parois de trois centimètres doivent empêcher toute fuite. « Les tuyaux sont conçus pour résister à un coup de pelleteuse, confirme Serge Cazanave, directeur de projet. Il faut dire qu'après l'explosion de Ghislenghien [24 morts en 2004 après le percement d'un gazoduc en Belgique] les normes ont été revues à la hausse. » Les soudures, réalisées sous atmosphère contrôlée, sont examinées au sonar pour repérer un éventuel défaut. Puis après l'installation des tubes, un flux d'eau de 120 bars sera envoyé à travers le gazoduc, là aussi pour tester son étanchéité.
L'ensemble des travaux pour cette section du gazoduc coûte 150 millions d'euros, « dont treize millions de retombées locales à ce jour », assure Serge Cazanave. Sans compter les indemnisations des agriculteurs, dont les champs sont traversés sur une emprise de 30 à 40 mètres. « Ils sont indemnisés sur la base de trois années de perte d'exploitation », détaille Nicolas Weber. Une fois les tranchées rebouchées, la culture peut reprendre en surface. Seule trace du gazoduc : un marqueur jaune disposé de loin en loin, surveillé par les équipes de maintenance de GRT Gaz.

Olivier Aballain
Nature

Et les petits oiseaux ? Il n'y a pas que les engins de chantier dans la vie. Le consortium Dunkerque LNG (EDF, Fluxys, Total), qui porte le futur terminal méthanier, a lancé mardi les travaux d'aménagement d'une zone de 20 hectares à Gravelines. Objectif : accueillir sur une lagune les oiseaux migrateurs limicoles (petits échassiers qui vivent sur la vase) dont l'habitat est perturbé par la plateforme construite à Loon-Plage. L'ensemble des mesures d'accompagnement coûte deux millions d'euros au consortium Dunkerque LNG.

Newsletter
BREAKING NEWS

Recevez nos alertes
info en temps réel

publicité
publicité
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr