La première poupée déposée.
La première poupée déposée. - Nicolas Marchand

Gilles Durand

C'est une poupée qui fait non, non, non... aux crottes de chien. Depuis un mois, de curieuses figurines font leur apparition sur les trottoirs lillois, à côté de déjections. Habilement mis en scène, ces petits personnages semblent faire leurs besoins. Dans quel but ? « En allant travailler, j'ai marché dans une merde de chien, un matin. Ça m'a énervé pour la journée. J'ai cherché un moyen pour que ça arrive moins, car il y a quand même beaucoup de crottes par terre », avoue celle qui confectionne ces poupées éphémères, véritables phénomènes de street art.

Neuf poupées en un mois
Laura Gourmel est une artiste spécialisée dans le textile, diplômée en arts plastiques. Quand elle ne travaille pas dans une boutique du Vieux-Lille, cette Lilloise d'adoption se penche sur ces personnages de chiffon qui font caca. « Il me faut une heure et demie pour les fabriquer. » Et parfois vingt minutes pour disparaître, abandonnés à leur sort dans la rue. Neuf poupées ont déjà été posées depuis le 25 mai, date de la première installation. « J'aimerais maintenant savoir ce qu'elles deviennent », s'interroge Laura Gourmel. Grâce au blog* qu'elle a créé, elle espère pouvoir partager leur destin et suivre leur itinéraire, sur le principe du nain de jardin voyageur dans le film Amélie Poulain. « Je vais lancer des avis de recherche sur Internet. J'aimerais que les gens jouent le jeu ». Après Lille, la jeune femme ira semer ses créations ailleurs. Parce que les crottes de chien, c'est universel.
* http://poupee-en-milieu-urbain.blogspot.fr

amende

A Lille, une crotte de chien sur le trottoir peut coûter 70 € à son propriétaire. A Marcq-en-Barœul, depuis l'an dernier, il est interdit de se promener avec son chien sans sachet pour ramasser les déjections. Le contrevenant risque 38 €.