Le sénateur Eric Bocquet espère rendre le rapport de la commission d'ici à la mi-juillet.
Le sénateur Eric Bocquet espère rendre le rapport de la commission d'ici à la mi-juillet.

Propos Recueillispar Olivier Aballain

La nouvelle majorité de gauche au Sénat a accepté le lancement d'une commission d'enquête sur l'évasion des capitaux et actifs hors de France. Son rapporteur est un sénateur du Nord : l'occasion pour Eric Bocquet (PC) d'évoquer les dangers de l'évasion des capitaux pour l'économie régionale.

Dans quelle mesure l'évasion fiscale

touche-t-elle la région ?
Nous n'avons pas de chiffrage précis. On peut citer Metaleurop, dont la maison mère Glencore a exporté les capitaux en Suisse avant la fermeture, c'est un classique. On sait bien d'autre part que les gros patrimoines, ici, se réfugient en Belgique où il n'y a pas d'impôt sur la fortune.

Les entreprises de la région sont-elles plus vertueuses qu'ailleurs ?
Parmi les grands groupes que nous avons auditionnés, il y avait l'entreprise familiale Auchan, qui ne pratique pas l'évasion. Mais je ne dis pas que certains des membres de la famille ne le font pas à titre personnel.

Avez-vous enquêté

en Belgique ?
Oui, nous sommes allés voir un avocat fiscaliste à Bruxelles, qui a de nombreux clients nordistes. Il nous a expliqué à quel point ceux-ci souffraient comme s'ils étaient dans une prison fiscale. Mais ils oublient les bienfaits de l'impôt. Je pense que l'on devrait s'inspirer du secrétariat d'Etat chargé de la lutte contre la fraude fiscale mis en place en Belgique.
Quel est l'enjeu pour

le Nord-Pas-de-Calais ?
Les revenus de l'impôt sont essentiels. La région a besoin des investissements de la collectivité pour améliorer le cadre de vie, les écoles, les routes. Et les entreprises en profitent. La vente par correspondance a besoin de l'installation du haut débit. Il y a quelques années, si le Nord a attiré Toyota malgré la concurrence de sites mondiaux, c'est grâce aux moyens fournis par les pouvoirs publics.