Un client se déplace en voiture pour retirer ses courses, commandées plus tôt sur Internet.
Un client se déplace en voiture pour retirer ses courses, commandées plus tôt sur Internet.

Nicolas Montard

Un Carrefour drive à Erquinghem-Lys la semaine dernière, une nouvelle enseigne Chronodrive à Lambersart prévue ce mois-ci : le drive pousse aux quatre coins de la région ces derniers mois. « Le potentiel de clients est très important, juge Pascal Baraffe, patron du Carrefour Market d'Erquinghem-Lys. Nous avons 10 à 12 000 passages véhicules par jour devant le magasin. » Autant en récupérer quelques-uns, comme Cora à Villeneuve d'Ascq, ouvert depuis 2011. « La fréquentation ne fait que progresser », assure Gery Monier, manager du drive, sans communiquer de chiffres. Reste que, selon lui, cela ne se fait pas au détriment de l'hypermarché. « De plus en plus de clients cumulent drive et passage en caisse », note-t-il.

Vrai départ en 2004
Le drive devient un passage obligé pour une chaîne de grande distribution. Le premier avait été créé à Auchan Leers en 2000, mais il ne concernait que les produits encombrants comme les packs de boissons. Le vrai départ a été donné en 2004 avec l'ouverture de Chronodrive à Marcq-en-Barœul. « Avec la démocratisation des achats sur Internet, les pontes de la grande distribution ont compris qu'ils ne pourraient plus y couper, analyse Olivier Dauvers, expert en consommation et éditeur. C'est désormais un service au même titre que les toilettes dans l'hypermarché. » Le drive est en voie de grande banalisation. « Normal, chacun veut sa part du gâteau », plaisante Jacques Lambert à Auchan Faches-Thumesnil.

Implantation

Bien qu'elle en soit à l'origine, la région n'est pas la mieux pourvue en drive dans l'Hexagone. Selon les relevés d'Olivier Dauvers, le Nord–Pas-de-Calais en compte une cinquantaine, soit trois fois moins que des régions comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou l'Ile-de-France, où l'on en dénombre à chaque fois plus de 150.