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Gilles Durand

Parmi les dix circonscriptions de l'arrondissement de Lille, six sont actuellement détenues par la droite. Deux d'entre elles devraient sans aucun problème rester à droite (la 4e et la 9e). Pour les autres, le scrutin semble plus ouvert. Etat des lieux.
4e circonscription

(136 000 habitants)
Marc-Philippe Daubresse vers un septième mandat. Le maire de Lambersart et député sortant (UMP), déjà élu six fois de suite depuis 1992, semble indéboulonnable dans le secteur. En 2007, il avait atteint les 46  % au premier tour et 59,7% au deuxième. Le retrait de dernière minute du maire de Saint-André, Olivier Henno (MoDem), en faveur de la socialiste Hélène Parra, ne suffira sans doute pas à faire basculer les forces.
5e circonscription

(129 000 habitants)
Le sortant Sébastien Huyghe (UMP, photo), surprenant tombeur de Martine Aubry en 2002, aura affaire à un autre sortant : le socialiste Alain Cacheux, dont la circonscription a disparu lors du redécoupage. Le match s'annonce serré. Sébastien Huyghe l'avait emporté de justesse en 2007 et, lors de la présidentielle, les voix se sont équitablement partagées entre Hollande et Sarkozy. Au premier tour, le FN y avait obtenu 22 % des voix. Suffisant pour que son candidat, Serge Cattelin, joue les arbitres ?
6e circonscription 

(108 000 habitants)
Le territoire est taillé pour la droite. Le maire de Phalempin, Thierry Lazaro (UMP), avait failli être élu dès le premier tour en 2007 et Nicolas Sarkozy y a recueilli 56,1 % des voix le mois dernier. Mais la candidature du maire de Templeuve, Luc Monnet, sous l'étiquette divers droite, risque de provoquer une dispersion des votes. La seule chance de passer pour la socialiste Angélique Deffontaine reste une triangulaire avec ces deux candidats au second tour. « J'attends de voir les résultats pour décider si je me maintiens ou non », assure Luc Monnet, ex-UMP.
7e circonscription

(101 000 habitants)
Ce seul fief nordiste du Nouveau Centre a de fortes chances de le rester. Le maire de Hem, Francis Vercamer part en position de favori. Le député sortant l'avait pourtant échappé belle il y a cinq ans, l'emportant avec 50,2 %. Depuis, la circonscription a été retaillée et vient de voter majoritairement Sarkozy (52,8 %). Dans le sillage de l'élection présidentielle, une victoire de la socialiste débutante dans l'exercice, Marjolaine Pierrat-Ferraille, n'est pas à exclure, mais constituerait une sacrée surprise.
9e circonscription

(129 000 habitants)
Bernard Gérard (photo) dans un fauteuil. Le changement, ce n'est pas pour demain. Le député sortant, patron départemental de l'UMP et maire de Marcq-en-Barœul, peut d'ores et déjà réserver son siège à l'Assemblée. Sa circonscription a massivement porté ses voix sur Nicolas Sarkozy à la présidentielle et le PS n'a pas jugé utile de lui présenter un adversaire. C'est l'adjoint au maire de Lille, Jacques Mutez (PRG), qui s'y colle. La semaine dernière, Bernard Gérard a néanmoins demandé le soutien de l'ancien judoka et ministre David Douillet pour récolter des voix à Lille-Fives. En 2007, Bernard Gérard avait été élu dès le premier tour. Rebelote ?
10e circonscription 

(112 000 habitants)
Attention, zone de discorde ! Dans ce secteur où Nicolas Sarkozy vient de recueillir 53,2 %, la droite partait avec un bel avantage. Il n'en sera rien. Un duel parricide y oppose le sortant, Christian Vanneste, non officiellement exclu par l'UMP, à son dauphin Gérarld Darmanin, officiellement investi par l'UMP. Peu de chance que l'un se désiste pour l'autre au second tour. Ce cas de figure pourrait alors profiter à la socialiste Zina Dahmani, conseillère municipale de Tourcoing. D'autant que le candidat du Front national, Jean-Richard Sulzer, reste en embuscade pour brouiller encore un peu plus les cartes. Dernière péripétie, les maires sans étiquette de Bousbecque, Linselles, Roncq et Neuville-en-Ferrain ont décidé d'apporter leur soutien à Christian Vanneste.

Et ailleurs

Pour les UMP Jean-Pierre Decool (14e circonscription), François-Xavier Vilain (18e) et Jean-Louis Borloo (21e), l'élection devrait être plus difficile qu'en 2007. Dans la 15e, l'UMP Françoise Hostalier aura fort à faire pour assurer un deuxième mandat, notamment avec la candidature dissidente de droite de Jean-Pierre Bataille.