Mohamed Jratlou, 71 ans, affirme que Younès a disparu dans la nuit.
Mohamed Jratlou, 71 ans, affirme que Younès a disparu dans la nuit. - M. Libert / Archives 20 Minutes

Olivier Aballain

Père éploré ou père meurtrier ? Plus de deux ans après la disparition de Younès, 4 ans, au Bizet à la frontière franco-belge, son père comparaît ce mercredi devant les assises du Hainaut, à Mons (Belgique). Mohamed Jratlou, 71 ans, est le dernier à avoir vu son petit garçon dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009.

Quel autre scénario ?
Ce soir-là, au domicile familial de Comines (Belgique), une violente dispute avait éclaté entre les parents, selon l'enquête alimentée notamment par les déclarations du grand frère de Younès, Wazir (10 ans au moment des faits). La mère, Naïma, a raconté avoir fuit le domicile après avoir été frappée par son mari. Le père part à sa recherche, laissant les deux enfants sans surveillance. A leur retour, vers 3 h 30, Younès n'est plus là. Son corps sera retrouvé dans la Lys le 10 novembre, portant des traces de coups à la tête et des signes d'étouffement. Selon les résultats de l'autopsie, il était déjà mort avant d'être jeté à l'eau. « Actuellement, ma cliente ne peut croire à la culpabilité de son mari, mais nous n'avons pas encore d'autre scénario », résume Me Jean-Jacques Vandenbroucke, avocat de la mère. Aucun élément matériel n'est venu alimenter l'hypothèse alternative du « rôdeur ». Contacté, l'avocat de Mohamed Jratlou n'a pas souhaité s'exprimer. Le procès pourrait durer jusqu'au 15 juin.

Grève

Depuis plusieurs mois les avocats belges observent une grève pour dénoncer le manque de moyens de l'aide juridictionnelle, dont la rémunération a baissé. Ils ont fait exception pour ce procès.