Le faux tract du Front national, représenté par Marine Le Pen, a fait monter la tension dans la circonscription.
Le faux tract du Front national, représenté par Marine Le Pen, a fait monter la tension dans la circonscription.

Gaétane Deljurie

Rarement tract aura fait autant parler. Distribué en début de semaine dans les boîtes aux lettres de la 11e circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Carvin), il représente la photo de Jean-Luc Mélenchon, accompagnée de la citation « Il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb/Votons Mélenchon ». Sans signature d'aucun parti, il aurait pu prêter à confusion. Jeudi, le candidat Jean Urbaniak (MoDem-UMP), a dénoncé la manœuvre du Front national, vidéo d'un militant frontiste à l'appui. Mardi, des militants du Front national avaient déjà été surpris en train de les glisser dans des boîtes aux lettres de Montigny-en-Gohelle.

« Infraction au Code pénal »
« ça s'appelle de la fausse propagande et ça peut coûter l'inéligibilité à Mme Le Pen, car il est interdit dans notre pays de distribuer des tracts pour les autres », s'est énervé Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche sur BFM-TV mercredi. Dans un premier temps, le FN s'était contenté d'attribuer cette action « à des proches du parti ». Avant que Marine Le Pen n'assume « totalement » mercredi soir, dans une émission de Canal +. « Je veux que l'on pose la question du droit de vote des étrangers », a-t-elle asséné. « Nous intégrerons la facture de l'impression dans nos comptes de campagne », indique Bruno Bilde, chef de cabinet de Marine Le Pen, pour qui « ce pastiche n'a rien d'illégal ». L'opération ne devrait pas altérer la sincérité du scrutin, mais Hervé Poly, suppléant de Jean-Luc Mélenchon, a décidé de porter plainte contre X pour « infraction au Code électoral », un tract ne pouvant ni être anonyme, ni omettre la signature de l'imprimeur. En dernier lieu, ce sera à la commission des comptes de campagne de la préfecture de trancher.

Un débat télévisé entre les cinq candidats

Un débat entre les cinq principaux candidats de cette circonscription, Philippe Kemel (PS), Marine Le Pen (FN), Jean-Luc Mélenchon (FG), Marine Tondelier (EELV) et Jean Urbaniak (MoDem-UMP), se tiendra, samedi, de 11 h 30 à midi, en direct, sur France 3 Lille dans « La Voix est libre ».