Âgés de 12 à 18 ans, les participants sont venus de toute la France et même de Belgique.
Âgés de 12 à 18 ans, les participants sont venus de toute la France et même de Belgique.

Antoine Pecquet

Des épreuves sportives à huis clos. La 40e édition du Challenge Michelet, qui se termine vendredi, s'est tenue en toute discrétion, depuis mardi, au stade du parc Rollencourt, à Liévin. En effet, les athlètes, âgés de 12 à 18 ans, sont « sous main de justice ». Ils viennent en délégations des centres de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de tout l'Hexagone. Une équipe a même le trajet depuis la Belgique.
Depuis janvier, les trois cent cinquante participants s'entraînent avec leurs éducateurs en vue du challenge, qui a lieu à Liévin pour la première fois. « Le sport est une clé de la thérapie sociale dont ils ont besoin », explique Didier Pourre, éducateur à Boulogne-sur-Mer et coordinateur de la délégation interrégionale du Nord. « Pas tant pour la performance que pour les valeurs : effort, fair-play et confiance en soi ».

Le sport, un moyen de « ne pas péter un câble »
Mohammed, Guinéen de 15 ans, en foyer à Mérignies, près de Lille, depuis qu'il a été « abandonné en France par un passeur », est le milieu de terrain de la sélection nordiste de football. Aussi timide qu'il est adroit ballon au pied, il prend visiblement sur lui pour déclarer à voix basse : « le foot c'est ma passion, je veux devenir joueur professionnel ». Pour Farid, 15 ans aussi, le sport a un effet cathartique. « ça m'aide à ne pas péter un câble », explique cet adolescent placé depuis l'âge de six mois en foyer à Roubaix et inscrit aux épreuves d'escalade et de natation. De fait, même si Najib Lahyani, éducateur à la PJJ d'Ile-de-France, est « amèrement déçu » d'avoir dû consigner les trois-quarts de son équipe au foyer « pour manque de discipline », l'ambiance des épreuves est calme et concentrée. Entre deux compétitions, les jeunes se reposent sur les pelouses, ou s'initient au pancrace (lutte antique) ou au kin-ball (volley avec une balle géante). Sous l'œil bienveillant mais attentif de leurs accompagnateurs. L'an dernier, à Bordeaux, le challenge s'était achevé sur une bagarre entre délégations.