L'avocate Blandine Lejeune.
L'avocate Blandine Lejeune.

Olivier Aballain

L'accusé a finalement été reconnu coupable. Outreau, Dreyfus, Seznec, Patrick Dils : les exemples d'erreurs judiciaires françaises n'ont pourtant pas manqué, jeudi, dans la plaidoirie d'Eric Dupond-Moretti, pour la défense de son client, jugé aux assises du Nord, pour la mort de Clélia. A l'avocat général, Luc Frémiot, qui liste « ces détails qui font la ronde autour de l'accusé », l'avocat oppose ses doutes. Doute sur la provenance de l'arme du crime. Doute sur l'heure de la mort. Doute, enfin, sur les moyens déployés par la justice pour épuiser toutes les pistes.

Une enquête incomplète
« La justice est une vieille dame qui a besoin d'aide pour traverser la rue », estime l'avocat général, faisant référence aux difficultés de l'investigation. il parle de « charges lourdes ». En 51 mois d'attente, tous les protagonistes ont, c'est vrai, fait le tour d'une enquête incomplète. Alors Me Blandine Lejeune, pour la partie civile, évoque le comportement de l'accusé qui n'a pas eu un mot de regret lors de sa garde à vue. « Je n'ai plus de sentiments pour elle », s'était-il justifié face aux policiers. « Vous êtes inaccessible », prolonge Luc Frémiot qui réclame vingt ans de prison. « On se rabat sur son attitude pour surmonter les manques de l'enquête », rétorque Eric Dupond-Moretti. La voix soudain radoucie, l'avocat fixe les jurés dans les yeux : « Vous voulez prendre le risque de le condamner ? Faites-le, mais ne vous trompez pas ! ». Les jurés ont tranché : vingt ans de prison. Au moment du verdict, le condamné envoie à sa famille : « Tenez bon ! ».

Blanc

Les neuf jurés, dont trois magistrats professionnels, peuvent voter pour ou contre la cupabilité, mais aussi blanc. Les bulletins blancs profitent, dans ce cas, à l'accusé.