La salle des turbines où EDF remplace le générateur de vapeur et l'alternateur pour rajeunir la centrale.
La salle des turbines où EDF remplace le générateur de vapeur et l'alternateur pour rajeunir la centrale. - M.Libert / 20 Minutes

Thierry Butzbach

Un grand « ouf » de soulagement. Dès l'arrêt du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Gravelines pour sa troisième visite décennale, en ce mois de mai, EDF s'est dépêché d'examiner le fond de la cuve pour détecter d'éventuels dégâts. L'an passé, des microfissures avaient été constatées au niveau d'une pénétration de la cuve du réacteur n°1 lors du même « check-up ». Aucune mauvaise surprise cette fois. Après étude, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devrait autoriser la poursuite d'activité du réacteur pour dix années supplémentaires, comme le prévoit la loi.

Investissement de 150 millions
On sait qu'EDF a l'ambition de porter à 60 années la durée de vie de Gravelines (contre 40 prévues au départ) comme l'ont déjà décidé les Américains pour leurs centrales de technologie identique. « Le remplacement de composants essentiels après 30 ans de service, soit à mi-parcours, relève de cette stratégie industrielle », confirme Jean-Michel Quilichini, le directeur de Gravelines. Ainsi, EDF a décidé de remplacer plusieurs éléments essentiels, dont le stator de l'alternateur électrique, et, surtout, les trois générateurs de vapeur. « C'est là où s'effectue le transfert thermique entre les circuits primaire et secondaire », explique Frédéric Dubouloy, ingénieur chargé de l'installation. Le chantier en cours est titanesque : pendant 150 jours, plus de 2 500 personnes interviennent dans le cadre de cette « grande visite », en plus des 1 800 salariés de la centrale. Coût de l'opération : 150 millions d'euros. Or, l'élection de François Hollande pourrait changer la donne sur l'avenir de Gravelines. Le candidat socialiste affirme vouloir fermer la centrale alsacienne de Feyssenheim (qui va aussi sur ses 40 ans). Il a également promis pour 2013 un débat national sur la politique énergétique nationale. « Du coup, on est un peu dans le flou », admet un cadre d'EDF.

Fukushima

EDF s'engage après Fukushima : installation d'un 3e générateur d'électricité de secours par réacteur et d'une 2e source d'eau pour refroidir le réacteur.