Le Crédit Agricole assigné par son ancien patron

Social L'ex-directeur de la caisse nordiste réclame 4,3 millions d'euros

Olivier Aballain

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Le siège de la caisse régionale à Lille.

Le siège de la caisse régionale à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Certains veulent la retraite à 60 ans. D'autres veulent travailler après 63 ans. L'ancien patron de la caisse régionale du Crédit Agricole a assigné la nouvelle direction aux Prud'hommes pour licenciement abusif. Une audience de conciliation se tient ce jeudi à Arras. Alain Diéval avait dû quitter son poste de mandataire le 3 décembre 2011, atteint par la limite d'âge de 63 ans qui est la règle au sein du groupe Crédit Agricole. Selon le site Dailynord.fr qui a révélé l'information, l'ancien directeur général a tenté d'obtenir une dérogation, sans succès. Résultat : il réclame 4 313 451,44 € à la société pour un « licenciement nul » et les dommages et intérêts y afférent.

« Ça ne passe pas »
La demande fait bondir le syndicat FO, majoritaire au Crédit Agricole Nord de France. « C'est la meilleure de l'année », estime le syndicat sur son blog. « Quand on pense qu'il nous a refusé une rallonge de huit millions d'euros pour transformer en fixe une partie des revenus variables des salariés, apprendre qu'il en veut la moitié pour partir, ça ne passe pas », explique Jean-François Innocenti, délégué syndical FO. Un avis que la nouvelle direction n'est pas loin de partager. Tout en refusant de commenter officiellement le contentieux, le conseil d'administration a envoyé lundi aux salariés un message lapidaire : « La Caisse régionale regrette que son ancien directeur général ne se soit pas appliqué les règles qui prévalent au sein du groupe, et qu'il connaissait parfaitement. » En pratique, selon nos informations, Alain Diéval compte s'appuyer sur la réglementation nationale qui fixe à 70 ans l'âge de la mise à la retraite d'office. Une sorte de débat à l'envers sur les retraites.

Indemnités

Après dix ans à la direction générale, Alain Diéval réclame notamment au Crédit Agricole 1,4 million d'euros d'indemnités de licenciement (2,5 années de salaire), plus 617 000 € de préavis et 2,24 millions d'euros de dommages et intérêts.

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