Philippe Fauvarque fait près de 150 kilomètres par semaine pour le boulot.
Philippe Fauvarque fait près de 150 kilomètres par semaine pour le boulot. - M. Libert / 20 Minutes

Il faut l'appeler « vélotaffeur ». Depuis trois ans, cet aide-soignant lillois à domicile effectue tous ses déplacements professionnels à vélo. Philippe Fauvarque effectue ainsi près de 150 kilomètres par semaine ! Cycliste régulier depuis quinze ans, il se réjouit de voir les choses évoluer dans le bon sens. « Les infrastructures se multiplient pour faciliter la pratique du vélo. Reste le problème de la visibilité des deux-roues. Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi les V'Lille sont noirs. Moi, je fais tout pour être vu, avec de nombreux réflecteurs et un phare permanent. »
Ce fondu de vélo n'a pas à se plaindre non plus de son employeur. Adenior lui rembourse 0,21 € du kilomètre alors que ce n'est pas obligatoire. « Cela fait sursauter de nombreuses personnes, qui considèrent qu'un vélo ne coûte rien. Mais il faut quand même bien se nourrir pour pédaler toute la journée. Par exemple, pour un aller-retour à Roncq, soit 40 kilomètres, je serai remboursé 8 euros environ, soit l'équivalent d'un bon repas. »
Activiste du vélo, il combat toutes les idées reçues sur les obstacles à sa pratique quotidienne : « Il est très rare que j'essuie des averses. Même en hiver, j'ai rarement froid car à vélo, on se réchauffe en quelques minutes. » Son deux-roues est adapté : pneus pleins pour éviter les crevaisons, imperméable et provisions dans la sacoche, bouteille d'eau fixée sur le cadre. Pour Grégory Bouillon, son patron, avoir un vélotaffeur dans l'équipe présente certains avantages : « Avec lui, pas de panne de voiture ou de grève des transports. Grâce à ce sport quotidien, il tombe moins souvent malade. Même si nous devons parfois prévoir des temps de parcours plus longs, nous sommes sûrs qu'il arrivera à l'heure. C'est donc le compromis idéal entre la voiture et les transports en commun. » Avis aux amateurs.Gaëtane Deljurie