Elle se sentait « Verrouillée »

Portrait Anne-Sophie Taszarek est passée en 2010 du PS à la droite

Olivier Aballain

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Aujourd'hui conseillère régionale UMP, Anne-Sophie Taszarek se dit toujours « de gauche » même si elle a quitté le PS.

Aujourd'hui conseillère régionale UMP, Anne-Sophie Taszarek se dit toujours « de gauche » même si elle a quitté le PS. — M.Libert / 20 Minutes

Son départ du PS a défrayé la chronique en 2010. Aujourd'hui, c'est depuis le camp d'en face qu'Anne-Sophie Taszarek observe les turpitudes socialistes dans le bassin minier. Car à 25 ans, cette petite-fille de mineurs a déjà connu plusieurs vies. Bombardée patronne du MJS 62 (mouvement des jeunes socialistes) en janvier 2009, elle raconte comment elle a peu à peu découvert le « verrouillage » de la fédération PS du département. Jusqu'à en claquer la porte pour un siège « Majorité présidentielle » aux régionales de 2010. « Au MJS, on espérait animer le territoire, mais j'ai compris qu'un bon militant au PS, c'est un militant qui distribue des tracts, pas quelqu'un que l'on forme et qui discute. »
A la tête de 200 militants, cette petite brune énergique a multiplié en vain les demandes de rendez-vous auprès des grands élus de la fédération. Le patron de la région, Daniel Percheron, ne lui adressera la parole qu'une seule fois : « Il m'a dit “sois-sage”. » A l'époque, elle a déjà rué dans les brancards après avoir surpris une fraude lors des opérations de vote du congrès de Reims. « Fausses adresses, inscriptions multiples... Moi-même, je me suis trouvée inscrite dans plusieurs bureaux alors que je n'ai toujours voté qu'à Montigny-en-Gohelle », raconte l'intéressée.

Petite cuisine et dépendances
Arrivée en politique sur les genoux de sa mère, conseillère municipale, elle est là pour militer. Les conciliabules du comité fédéral ne l'attirent pas. Etudiante en gestion, elle ne fait pas partie du premier cercle, autour de Jean-Pierre Kucheida (député-maire de Liévin) et Catherine Génisson, patronne de la « F » (la fédération du PS 62). Sous son impulsion, le MJS 62 soutient Pierre Ferrari, jeune socialiste lancé dans une croisade anti-Dalongeville à Hénin-Beaumont. Dans la foulée de l'élection, Anne-Sophie Taszarek assiste à la mise sous tutelle du MJS 62 par la direction nationale. « On ne m'a même pas auditionnée avant d'en arriver là. » Depuis, le MJS 62 a récupéré une animatrice fédérale, par ailleurs employée de la mission locale... de Liévin, la ville de Jean-Pierre Kucheida. Quant au coordinateur régional du mouvement, il travaille au cabinet du député. « Moi je ne dépendais de personne, je n'occupais pas un poste fourni par un élu de la Fédé », pense Anne-Sophie Taszarek. Revancharde, maintenant qu'une enquête a été ouverte sur le PS 62 ? « Non, assure-t-elle. Juste étonnée, je pensais que ça prendrait plus de temps. »

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