Cottrez part en cassation

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Publié le 10 octobre 2011.

Justice Pas de prescription des huit infanticides à Villers-au-Tertre

Pas de non-lieu pour Dominique Cottrez. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai a estimé vendredi que les huit infanticides de Villers-au-Tertre n'étaient pas prescrits.
Me Frank Berton et Me Marie-Hélène Carlier, les avocats de Dominique Cottrez, avaient déposé en mai une demande d'abandon des poursuites basée sur l'ancienneté des faits : d'après les expertises judiciaires, au moins sept des huit infanticides reprochés à Dominique Cottrez ont été perpétrés plus de dix ans avant leur découverte, le 24 juillet 2010. Pour le huitième le doute subsiste, mais d'après le procureur de Douai, à qui la chambre de l'instruction a donné raison, ça ne change rien : « Les crimes ont été tenus secrets, donc le délai de prescription de dix ans ne court qu'à partir de leur découverte, explique Éric Vaillant. La justice ne pouvait pas, jusque là, entamer de poursuites ».

Direction la cour de cassation
Une thèse appuyée par le témoignage du mari, qui a toujours expliqué avoir lui-même ignoré les faits (cf. encadré). En outre, la corpulence de Dominique Cottrez lui aurait permis de dissimuler ses grossesses successives. Mais l'argument est réfuté par les avocats de l'aide-soignante de 46 ans, toujours en détention provisoire. Dès vendredi, ils ont déposé un recours en cassation. Me Marie-Hélène Carlier se base sur un arrêt rendu en décembre 2010 : « La clandestinité des faits ne change rien au délai de prescription, qui doit partir du jour où le crime a été commis. ». Pourtant l'arrêt rendu le 8 décembre 2010 par la chambre criminelle de la cour de cassation, s'appliquait à un cas différent : un homme arrêté en 2008 pour un double homicide commis fin 1994, mais signalé à la justice dès mars 1995. Les faits eux-mêmes n'avaient donc pas été camouflés aussi longtemps qu'à Villers-au-Tertre.

Olivier Aballain
Mari

La mise en examen de Pierre-Marie Cottrez pour non-dénonciation, réclamée par le procureur de Douai, sera examinée le 28 octobre. Mais s'il est prouvé que sa femme a dissimulé les faits, il sera difficile de le mettre en cause.

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