Quand La saisie menace les proprios

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Publié le 11 avril 2011.

Endettement Les adjudications immobilières ont triplé en 2010 au tribunal de Lille

Le deuxième effet de la crise est moins évident à repérer que les fermetures d'usine. A Lille, les procédures de saisies immobilières ont explosé : multipliées par trois en un an, de 118 en 2009 à 327 l'an passé. « Ce sont essentiellement des particuliers en difficulté face à leur emprunt », note Gérard Flamant, le juge qui suit ces dossiers « parfois très durs » au tribunal de grande instance. Ainsi Patrick, 51 ans, va peut-être devoir quitter sa maison de Wattrelos. L'adjudication, c'est-à-dire la vente aux enchères, a été fixée au mois de mai. Cet ouvrier au chômage y vit avec sa femme et ses deux enfants depuis 24 ans. « On a assez galéré pour l'avoir, ils ne l'auront pas », s'insurge-t-il. Il doit 18 000 € à sa banque.

« Formés pour faire pression »
Depuis la crise, les banquiers ont l'œil. Quelques échéances non payées, voire « une demie », selon l'avocate Isabelle Collinet-Marchal, et l'emprunteur fait face au service contentieux. « Des gens formés pour faire pression », s'agace Émilie Repusseau, juriste à la CLCV, une asso de défense des consommateurs.
Pour Roger, c'est « une machine à broyer, sans dialogue possible ». Surendetté à cause d'un commerce lancé en pleine crise, il n'a stoppé la saisie de sa maison que jusqu'à la fin de l'année.
Le retournement est douloureux. Car il y a quelques années, les banques se bousculaient pour prêter. Résultat : un « laisser-aller », remarque Xavier Dekock, du réseau d'agences immobilières Sergic. Lui pointe les « packages » proposés par les courtiers aux banques, mélangeant de bons dossiers avec d'autres, plus fragiles. « Peut-être qu'on est allés trop loin avec le financement à 100 % (sans apport), mais c'est la responsabilité des banques », rétorque Jean-Bernard Valade, président du syndicat des courtiers en prêts. Aucun des établissements bancaires contactés par 20 Minutes n'a souhaité répondre.

Gabriel Thierry
Pouvoir d'achat

Selon le baromètre de l'agence Efficity, le pouvoir d'achat immobilier à Lille a baissé de 9,6 % en 2010. La surface d'un bien pouvant être achetée pour une mensualité de 1000 € sur 20 ans (avec un apport de 50 000 €) s'établit désormais à 85 m2, ou 95 m2 pour un budget global de 250 000 €.

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