«Ils parlent de supprimer les départements, non ? » Accueil plutôt frais pour un début de campagne. Les militants PS mobilisés pour les élections cantonales avaient fort à faire, hier matin sur le marché de Lille-Fives. L'enjeu : intéresser les Lillois au scrutin départemental de mars prochain. « On a commencé dès le mois de décembre, témoigne Peggy. Chez certains électeurs on observe une lassitude... Depuis 2007, il y a eu des élections tous les ans. ». C'est d'ailleurs l'avis de Marion, 50 ans, qui n'est pas très fan des tracts électoraux : « C'est toujours la même chose. Je ne changerai pas d'opinion avec un bout de papier., c'est un peu du gâchis. »
Dynamique nationale
Pourtant le besoin d'information existe. « En porte à porte, on est parfois surpris. Beaucoup ne connaissent pas leur conseiller général, d'autres n'ont pas la date des élections. Le travail de terrain est important », assure Hervé-Marie Morelle, candidat UMP pour la première fois dans le canton de Lille-Sud-Est.
Dans le canton Lille-sud-ouest, Hugo Vandamme, candidat du Front de Gauche, ne baisse pas les bras non plus. « Il est possible d'intéresser les gens avec du concret. Beaucoup perçoivent des aides, comme le RSA, qui dépendent du conseil général. Mais ces élections peuvent aussi lancer une dynamique au niveau national. » C'est comme ça que Nicolas, 30 ans, se motive : « J'irai voter. Je suis enseignant, je ne suis pas d'accord avec ce qui se passe dans l'éducation. » Même le Front national, auquel les cantonales ne réussissent traditionnellement pas, a pris son bâton de pélerin. Eric Dillies, secrétaire départemental, « explique aux électeurs que ce serait stupide de ne pas se voter s'ils ne sont pas contents ».
Les deux tours des élections cantonales se tiendront les 19 et 26 mars. Dans le Nord, 40 des 79 sièges sont renouvelés, les 39 autres le seront en 2014. À Lille, cela concerne les cantons Est, Nord-Est, Sud-Est et Sud-Ouest, tous détenus par le PS.