Un internat uniquement pour les garçons. Cette tradition, la direction du lycée privé Ozanam de Lille va devoir y mettre fin. Dans une délibération rendue publique fin décembre, la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) dénonce les internats non mixtes. Elle recommande à l'Education nationale et aux régions d'élaborer un plan d'action pour y mettre un terme.
Une chambre
chez l'habitant
Avec moins de 3 % de filles au lycée et 8 % en post-bac, le lycée Ozanam est de fait, peu confronté à cette question de la mixité à l'internat. L'année dernière, deux filles, seulement, ont réclamé un logement. Elles se sont vues proposer une chambre chez l'habitant et un statut d'interne-externé avec tous les repas pris au lycée. « Si les parents insistent, je peux faire jouer le réseau de l'enseignement catholique et faire admettre leur fille à Notre Dame de la Paix* ou à Saint Vincent de Paul. Sauf que ça ne s'est jamais présenté », assure Christophe Leroy, directeur d'Ozanam.
Insatisfaisant selon le collectif Ouvrons les portes, à l'origine du signalement à la HALDE. « Les solutions dites alternatives ne sont pas pour autant équitables, indique Livio Riboli-Sasco, co-fondateur d'Ouvrons les portes. Elles induisent souvent un temps de transport important et un coût supérieur. Une lycéenne peut se retourner contre l'établissement pour discrimination si elle paie plus cher à l'extérieur qu'un garçon en internat ». Or, un interne à Ozanam paie 300 € par mois.
Déficit de 80 000 €
Crise économique et féminisation des filières industrielles pourraient amener une hausse des demandes et donc d'éventuels travaux. Un coût non négligeable alors que l'internat est déjà déficitaire de 80 000 € cette année. Une réflexion interne a été lancée sur le sujet en novembre, preuve que la porte n'est pas totalement fermée.