Il va peut-être y laisser sa chemise. Hier, la chambre régionale des comptes (CRC) a ouvert le bal judiciaire de l'ère Dalongeville. L'ancien maire de Hénin-Beaumont (ex-PS), révoqué de son mandat et mis en examen pour détournement de fonds l'an passé, pourrait avoir à rembourser près de 101 500 € de frais correspondant à des voyages en avion privé. C'est ce qu'il devra payer s'il est reconnu « comptable de fait », avec Claude Chopin, son ancien adjoint aux finances, également présent, et Guy Mollet, l'éminence grise, qui a brillé par son absence.
L'ancien maire n'a plus un sou
La procédure engagée par la CRC est rarissime. Mais justifiée par l'état des finances d'Hénin, et parce que « le comptable a été trompé par des pièces apparemment régulières », précise le procureur financier, Denis Larribau. Au cœur des débats, vingt voyages en « avion-taxi », facturés entre 2006 et 2007. Officiellement des déplacements municipaux en vue de la vente d'une propriété communale, à Léon, dans les Landes. En réalité, des vols affrétés pour Guy Mollet, vers le Luxembourg et le Sud-Ouest, pour des affaires privées. « Il cherchait des financements pour ses projets immobiliers », précise le rapporteur, Jean-Jacques Gauthe. De manière étonnante, les devis, signés du maire, étaient faxés des bureaux d'une société gérée en sous-main par Guy Mollet. « Les choses se sont passées à l'insu du maire », rétorque Me Cattoir, avocat de Gérard Dalongeville, et qui a d'ores et déjà annoncé que son client « avait les poches vides ». Jugement mis en délibéré au 6 juillet.