Le toit végétalisé est prêtà coloniser l'habitat lillois

Urbanisme Un nouvel eldorado pour les citadins en manque de verdure

Gaëtane Deljurie et olivier Aballain

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Dans son petit carré de Wazemmes, Jean-Bernard Wasselin cultive 45 m2 de verdure sur des surfaces assez inhabituelles.

Dans son petit carré de Wazemmes, Jean-Bernard Wasselin cultive 45 m2 de verdure sur des surfaces assez inhabituelles. — O. Touron / 20 Minutes

« Toitures végétalisées » : un rêve de beatniks il y a quelques années. Mais aujourd'hui, les élus font les yeux doux aux plantes qui prennent de la hauteur. La mairie de Lille a justement décidé d'aider les propriétaires à reverdir leurs toits. L'enjeu est de taille : à Lille, les toitures plates et à faible pente représentent trois fois la surface actuelle des espaces verts. La ville organise même une opération de communication sur le sujet en fin de semaine. 20 Minutes a pu se faufiler chez l'un des précurseurs dans ce domaine, installé à Wazemmes.
Chez Jean-Bernard Wasselin, même les murs sont végétalisés. Il a créé en février 2009 l'entreprise Un jardin sur le toit, la première du genre dans la région. Dans sa maison, ce passionné de jardinage cultive pêle-mêle sauge, campanules, menthe, bergeras, framboisiers et même plants de pommes de terre. « Je n'avais pas de place pour un jardin mais j'avais absolument besoin de verdure autour de moi », justifie ce biologiste de formation. Et il fait des miracles : plus de 300 espèces végétales cohabitent ainsi sur à peine 45 m².

Presque que des avantages
Derrière ses lunettes rondes, ce grand brun de 37 ans est incollable sur les avantages d'une toiture végétale. D'un point de vue écologique d'abord : « C'est un refuge pour les insectes et un garde-manger pour les oiseaux, ce qui permet de maintenir la biodiversité en ville. » D'un point de vue technique : « Les plantes absorbent l'eau de pluie, ce qui confère une bonne étanchéité. Elles régulent naturellement la température. Le tout ne demande que peu d'entretien ! » Cyril Pradal, l'élu lillois (Verts) en charge du dossier, confirme : « Un toit plat dure dix à quinze ans avant de se dégrader à cause de l'humidité et des variations de température. Végétalisé, c'est trois fois plus longtemps. » Selon lui, l'isolation thermique est excellente l'été. L'hiver, « il y a encore des progrès à faire ». Reste le coût : 100 € du mètre carré de toiture, soit environ deux fois le prix usuel. Et le poids, qui nécessite parfois de renforcer la structure de la maison. Pour Jean-Bernard Wasselin « les gens commencent à comprendre qu'il y a une alternative à la tuile et au béton ». « Franchement, on a des années de retard, notamment sur Hambourg et les pays nordiques », fulmine Christian Decocq, le conseiller municipal (UMP). Pour se lancer, Jean-Bernard Wasselin a d'ailleurs été soutenu auprès des banques par le club d'investisseurs locaux Les Cigales. Mais, aujourd'hui, il enchaîne les chantiers.

L'Aide de la ville

La municipalité a mis en place une aide à la végétalisation pour les logements individuels et collectifs : 30 € au m2 pour les particuliers (plafonné à 50 m2) et 40 € s'ils s'allient avec un ou plusieurs voisins, 45 € au m2 pour les promoteurs privés (ancien ou neuf) et 60 € le m2 pour les logements sociaux. La ville a déjà installé des toits végétalisés au centre social Mosaïque à Fives et à la maison de quartier de Saint-Maurice, et l'envisage pour le futur Palais omnisports à Lille-Sud.

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