Après avoir été réintroduit en Belgique il ya douze ans, le castor pourrait bien élire à nouveau domicile dans le Nord d'ici à 2014.
Après avoir été réintroduit en Belgique il ya douze ans, le castor pourrait bien élire à nouveau domicile dans le Nord d'ici à 2014. - JM Poncelet / pays des castors

Il a suffi d'un arbre taillé en forme crayon, découvert dans le sud de l'Avesnois. « Le castor est de retour », pronostique Samuel Dubie. Depuis une dizaine d'années, l'asso Eaux Vivantes, qu'il préside, milite pour le retour du castor et de la loutre dans les rivières du sud de l'Avesnois. En la personne d'Emmanuel Cau, vice-président (Verts) à l'environnement au conseil régional, il a trouvé une oreille attentive. « Ce n'est encore qu'un projet, avoue Emmanuel Cau. Mais la concertation avec les élus et associations de pêcheurs est en bonne voie ». L'inventaire des berges qui pourraient accueillir la réintroduction est terminé. Reste à paufiner certaines études des milieux et des rivières. En cas de résultats positifs, les premiers lâchers de castors lyonnais pourraient avoir lieu en 2013 ou 2014. A moins que, d'ici là, ils ne soient revenus d'eux-mêmes, via les Ardennes belges.

Une aubaine pour

le développement du tourisme
Idem pour la loutre qui aurait été aperçue en forêt avesnoise en début d'année. « Je n'y croit guère, note Samuel Dubie. La dernière preuve de sa présence date de 1995 ». Cet amoureux de la nature se montre d'ailleurs prudent : « Il ne faut pas aller trop vite dans cette histoire de réintroduction, mais la présence de loutres ou de castors sera la preuve d'une qualité de l'eau retrouvée ». Et une aubaine pour le tourisme. En Belgique*, où environ six cents castors ont été réintroduit il y a douze ans, l'animal est devenu un sujet de curiosité. « On organise une quinzaine d'excursions par semaine pour faire découvrir leurs huttes », temoigne Olivier Rubbers, guide coordonnateur des visites en Wallonie.
Pour lui, le castor est le véritable symbole d'une nature en pleine renaissance. « La disparition et la dégradation des zones humides sont les principales causes de la chute de la biodiversité, explique-t-il. Or le castor joue un rôle clé car il reconstitue ces zones humides et ces ripisylves [zones boisées qui longent les berges]. Mais sutout, il est capable de les gérer ». Bref, il n'y aurait que des avantages à voir le castor revenir dans une région où il a tout de même vécu 35 millions d'années.G. D.

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