Les sous-préfets se suivent et ne se ressemblent pas à Boulogne-sur-Mer. En juin 2008, quatre-vingts Roms avaient été installés en bordure de l'A 16, à Wimille, après intervention du sous-préfet de Boulogne. Ils manifestaient hier matin à l'attention de son successeur (arrivé à l'été 2009) devant la sous-préfecture. Avec quelques associations, ils protestent contre la décision d'expulsion qui leur a été signifiée lundi.
Pas de solution locale
Après quinze heures de garde à vue, le verdict était clair : obligation de quitter le territoire d'ici au 30 avril. « Tous les adultes sont sans ressources, en situation irrégulière depuis plus de trois mois », explique Daniel Rouhier, le sous-préfet. « Pour travailler en France, il leur faut l'autorisation de la direction du travail, qui ne l'a jamais donnée », regrette Jeadette Vaillant, de la Ligue des droits de l'homme (LDH). Scandalisée qu'une procédure ait même été lancée « pour occupation illégale du terrain, alors qu'il a été trouvé par le sous-préfet en 2008 ». « C'était une solution provisoire sur un terrain dangereux, à côté de l'autoroute », se défend le sous-préfet. « En 2008, le sous-préfet avait juste appelé le maire de Wimille pour l'informer qu'il installait les Roms sur sa commune, mais si on lui avait laissé le choix, l'élu aurait dit non, comme les autres », résume Yves Selleret, de l'association Agir avec les Roms. Avec la LDH, notamment, leur action a permis la scolarisation de treize enfants à l'école primaire de Wimille. « Des enfants studieux », reconnaît d'ailleurs le sous-préfet, tout en vantant la « qualité » du système scolaire roumain. « Les Roms n'y ont pas accès », précise Yves Selleret.