L'air de rien, il s'apprête encore à emporter la mise. A la tête de l'assemblée régionale depuis 2001, Daniel Percheron compte parmi les moins connus des présidents de région, selon le sondage publié en décembre 2009: seuls 8% des Nordistes citent son nom spontanément. «Ce sont ceux qui prennent le TER-GV», avait ironisé un élu Verts à l'époque.
Et pourtant, à 68 ans, le natif de Beauvais tient les manettes depuis longtemps. Professeur certifié d'histoire-géo de 1963 à 1979, il devient en 1973 l'indéboulonnable premier secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais, qu'il dirige jusqu'en 1997. Parti s'installer à Boulogne-sur-Mer il y a dix ans, il fait et défait les rois aujourd'hui encore dans le bassin minier. Pierre Ferrari, opposant à Marine Le Pen aux municipales 2008, l'a appris à ses dépens en briguant à la hussarde l'investiture du PS. «Certains croient que tout leur est dû alors qu'il n'ont rien démontré. Ils n'auront rien», avait persiflé Daniel Percheron, un poil mitterrandien.
L'homme n'a jamais accepté le poste ministériel qui lui tendait les bras dans les années 1980%u2009: Daniel Percheron préfère démontrer que convaincre. Seul à la tribune, ses discours sont brillants, ce dont convient même Valérie Létard. « Mais en débat, on ne le voit pas. Et face à Marine Le Pen, il ne réagit pas, ce qui est une erreur », pense la secrétaire d'Etat. En bon socialiste d'Epinay, Daniel Percheron préfère en réalité débattre avec la gauche qu'avec la droite. Au conseil régional, il a trouvé son bonheur.
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