Elle ne fait pas partie des grandes gueules du gouvernement. Mais pour sa deuxième campagne en tête de liste aux régionales, Valérie Létard se fait un peu violence. La secrétaire d'Etat de Jean-Louis Borloo a musclé son jeu pour bousculer Daniel Percheron et surtout Marine Le Pen. Lors d'un débat organisé sur LCI, elle a répondu du tac au tac aux invectives de la tête de liste frontiste. Une fierté pour Valérie Létard, qui a longtemps cultivé une image de fille bosseuse que la lumière n'intéressait pas.
Assistante sociale entrée en politique sous le patronnage de « Jean-Louis » (Borloo), Valérie Létard a fait ses premières armes au Sénat. Elue à 39 ans, en 2001. Pas vraiment la fosse aux lions, mais idéal pour se faire un réseau. Elle a de qui tenir : son père, Francis Decourrière, a été député européen. Au Sénat elle croisait Daniel Percheron, avec lequel les relations étaient cordiales au conseil régional. « Nous ne nous opposons pas à un budget lorsqu'il porte un projet valable », justifiait la chef de file du groupe centriste, qui pratiquait alors l'abstention bienveillante.
Valérie Létard assure aujourd'hui qu'elle «voulait éviter à la région d'être mise sous la tutelle du préfet». Changement de ton. La fille du président du club de foot de Valenciennes a pris goût à la compétition. Plus dribbleuse qu'attaquante, Valérie Létard a longtemps navigué entre le centre-centre (MoDem) et le centre-droit avant de trouver sa place au gouvernement. En région, tout reste à faire.
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