Elle avait promis de faire d'Hénin-Beaumont le camp de base de la reconquête de l'électorat du Front national. Dans la région, le défi est déjà partiellement réussi. A chaque élection, Marine Le Pen améliore ses scores: dans la circonscription de Lens, 32% aux législatives de 2002, 41% à celles de 2007. Son discours modéré sur l'IVg et l'homosexualité banalise une version light des idées lepenistes.
Née à Neuilly-sur-Seine, Marine (condensé de Marion Anne Perrine) Le Pen met les pieds dans le Nord pour la première fois en 1998. Elle devient conseillère régionale sur la liste de Carl Lang, à qui elle fera le coup d'Iznogoud pour devenir calife à la place du calife. Sans toutefois faire mieux dimanche que l'ancien leader frontiste du Nord (234 000 voix contre 290 000 à Carl Lang en 2004). Mais l'inondation Marine guette une région dont elle a repéré le talon d'Achille : Hénin-Beaumont. Les scandales qui entourent la gestion municipale font le lit d'une candidate adoubée par l'enfant du pays, Steeve Briois, et rompue aux joutes verbales par son expérience d'avocate au barreau de Paris.
Aux dernières municipales à Hénin, elle loupe d'un scalp le fauteuil de maire. L'échec aiguise ses ambitions : dimanche, elle espère finir devant Valérie Létard pour marquer son territoire. « Attention, elle travaille ses dossiers », prévient le cabinet de Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France, où elle a siégé de 2004 à 2009.
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