Le président PS sortant, Daniel Percheron (au centre), a annoncé l'accord vers 16 h 30.
Le président PS sortant, Daniel Percheron (au centre), a annoncé l'accord vers 16 h 30. - B. CHIBANE / SIPA

L'accord a été signé à 16 h 30 hier, à une heure et demie de la limite de dépôt des listes au second tour. Le PS (29,2 % des voix dimanche), Europe Ecologie (10,3 %) et le Front de gauche (10,8 %) ont finalement trouvé les voies d'un pacte à trois. Explication des principaux enjeux d'une négociation compliquée jusqu'à la dernière minute.

Les sièges Il y a 113 conseillers régionaux. En extrapolant les résultats du premier tour, une liste d'union PS-Europe Ecologie-Front de Gauche peut espérer jusqu'à 75 élus, deux de plus qu'en 2004. Les partenaires du PS avaient tout intérêt à signer la fusion, car cela leur permet de bénéficier de la prime de 25 % (28 sièges) accordée à la liste majoritaire. Sans fusion, ces sièges « en prime » iraient en intégralité au PS. En fusionnant, le Front de Gauche et Europe Ecologie gagnent une partie de la prime. Cela devrait permettre à Europe Ecologie d'en obtenir quinze, soit six de plus qu'en 2004. Le Front de Gauche, lui, a signé pour seize places éligibles, après en avoir demandé vingt (contre 19 dans la précédente assemblée).

Les programmes Le Front de gauche a troqué quelques sièges contre le respect de l'une de ses revendications : la non-participation à l'exécutif (vice-présidents) et la liberté de voter « contre » quand ça lui chante, même pour le budget. Un point de désaccord majeur avec Europe Ecologie. « Le vote du budget est incontournable. Ils nous ont déjà fait le coup lors du mandat précédent [2004-2010], pas question cette fois-ci », s'énervait un élu Verts hier matin. Hier chacun a fait un pas. En acceptant seize sièges, le Fg s'est privé d'une minorité de blocage : au soir du 21 mars, PS et Europe Ecologie devraient peser autour de 59 sièges, soit deux de plus que la majorité absolue. Ce n'était pas le cas en 2004. « Mais il n'y a aucune raison que nous votions contre le budget », a tenu à préciser Jacky Hénin, tête de liste du Front de gauche pour le Pas-de-Calais... Ne reste plus qu'à y croire.
Du côté d'Europe Ecologie, le point essentiel à ajouter au programme commun portait sur la « conversion écologique » : réorientation des subventions à l'automobile vers la recherche et la production de véhicules moins polluants, formation et reconversion des salariés...

L'exécutif Le Front de gauche n'y participera pas. Selon nos informations, Europe Ecologie a obtenu cinq vice-présidences au lieu de trois dans l'assemblée sortante, et trois présidences de commission (au lieu de deux). La formation est bien la principale bénéficiaire du scrutin de dimanche.

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