Face au Front national, ils se sentent un peu seuls. Avec 18,3 % des voix, le Nord-Pas-de-Calais est la deuxième région où le FN est le plus fort. Du coup, les militants anti-FN n'ont pas sabré le champagne. « On n'a pas pu faire la fête après les résultats », enrage Bruno Lajara, artiste engagé. « Pas une surprise, mais on était évidemment atterrés », renchérit Jean-Claude Leroux, ancien militant du réseau Ras le Front. Pourtant, il y a deux ans, ce réseau s'était sabordé, croyant avoir touché au but.
« Un ancrage des idées racistes »
Et désormais, les activistes anti-FN sont moins organisés. « Il y a des actions, mais au coup par coup, dans l'urgence », analyse Jan Pauwels, du NPA. « Les idées fascistes sont tellement relayées par l'UMP que le combat contre le FN s'est dilué, accuse un militant du NPA. Il y a un ancrage des idées racistes. »
Pour certains opposants au FN, il est urgent d'être soutenus. Avec des sous, comme à Roubaix, où le collectif Je pense donc je vote demandait une subvention de 10 000 € à la mairie pour mener une action contre l'abstention. Mais elle a été refusée. A Roubaix, la participation s'est arrêtée dimanche soir à 28 %. Et dans le chaudron héninois, on regrette « qu'il n'y ait pas eu beaucoup de cadors venus soutenir les élus locaux ». Pierre Ferrari, l'ancien candidat PS, rappelle qu'il avait invité Martine Aubry et Daniel Percheron avant les régionales. En vain.G. T.