Ils devraient être enfin fixés sur leur sort. C'est aujourd'hui que la direction de Total doit annoncer son projet aux 380 salariés de la raffinerie de Dunkerque, menacée de fermeture. Six mois après l'arrêt de leur usine, les grévistes en ont assez. Et s'ils ne sont qu'une poignée à maintenir le piquet de grève ce dimanche après-midi, c'est simplement parce que « tout le monde se prépare pour demain », explique David Calbet, délégué CGT. Environ 250 salariés devraient en effet rallier La Défense à Paris, où se tiendra un comité central d'entreprise.
« Une campagne de désinformation »
Selon Le Télégramme, les dirigeants de Total devraient annoncer à cette occasion leur participation, à hauteur de 10 %, au projet de terminal méthanier conduit par EDF depuis juillet 2008. Avec 50 emplois à la clé. « Ce n'est pas un projet de substitution, dénonce un salarié. Mais comme ça, ils font croire qu'ils proposent quelque chose de concret. » « C'est une vraie campagne de désinformation », renchérit sur son blog Michel Delebarre, le maire (PS) de Dunkerque.
Les syndicats, eux, demandent toujours le redémarrage de la raffinerie ou un autre projet industriel pour le site. Vendredi matin, pour remettre la pression sur Total, ils ont mis hors service le centre de stockage des produits pétroliers du port de Dunkerque, qui contrôle les vannes des pipelines. Une action coup-de-poing mais sans suite. Total annonçait dans la foulée avoir débloqué la situation. « Il n'y aura aucune surprise demain », annonce, désabusé, Franck Deroo, technicien. Lui n'espère qu'une chose, « que la grève des six raffineries reparte et que, cette fois, Total soit obligé de plier ». W