Bleue du nord ou Rouge flamande : chaque année, les races bovines régionales reprennent des couleurs au Salon de l'agriculture. Mais au quotidien, elles luttent pour leur survie. Comme le mouton du Boulonnais qui a frôlé l'extinction à la fin des années 1970. « Depuis trente ans, on a réussi à stabiliser l'effectif de toutes ces races grâce à un programme d'aides aux éleveurs », se réjouit René Stiévenard, directeur du centre régional de ressources génétiques (CRRG) de Villeneuve-d'Ascq.
Des filières encore fragiles
Mais cette fibre régionale reste encore très marginale, comme en témoignent les 3 000 rouges flamandes recensées. « On en a toujours eu, alors par nostalgie, on en garde une dizaine », avoue Jean-Marie Capelle, éleveur à Tatinghem. Dans l'Avesnois, le responsable de production laitière au CAT de la Ferme du Pont-de-Sains, Jean-Michel De Wilde, se montre plus optimiste sur l'avenir de cette race : « Elle produit moins que d'autres, mais elle est mieux adaptée à un élevage en herbe et à une agriculture de qualité. »
Or, la qualité a un prix et les filières ont du mal à se structurer. « C'est dur pour le mouton boulonnais car de moins en moins de boucheries en vendent », note Florent Piedanna, responsable patrimoine animal au CRRG. « Les aides ne compensent pas les pertes de rentabilité. On fait encore ça par passion », témoigne Jean-Gustave Rivenet, un des dix derniers éleveurs de Boulonnais.