L'hégémonie du nucléaire s'effrite aux dépens d'autres sources d'énergie. Ce constat, Réseau de transport d'électricité (RTE) le fait depuis des années. L'opérateur se trouve d'ailleurs confronté à un problème nouveau aujourd'hui. « Tant qu'il s'agit de production régulière comme le nucléaire, il suffit de surveiller, explique Fabrice Le Goff, ingénieur en charge de l'éolien chez RTE. Dès que la production est fluctuante, comme l'éolien ou le photovoltaïque, il faut anticiper. » Ainsi, RTE vient de mettre en service un outil informatique permettant de faire le point en temps réel sur le niveau de production de ces énergies renouvelables.
L'arme secrète de ce logiciel est l'intégration des prévisions météo. « Si l'on nous annonce des grands vents, on sait qu'il faut réduire le niveau de production des autres sources », explique Fabrice Le Goff. Une mission de surveillance appelée à s'intensifier. En un an, la production d'énergie éolienne a augmenté de près d'un tiers dans la région. Elle représente désormais 4 % de la production totale d'électricité (loin derrière les 71 % du nucléaire). D'après les spécialistes de RTE, ce volume devrait encore croître dans les années à venir. « Nous sommes amenés à investir un milliard d'ici à 2020 pour intégrer le parc éolien français », souligne Christian Aucourt, directeur de l'unité nord-est de RTE.
Si l'éolien a le vent en poupe, le photovoltaïque reste encore insignifiant dans le Nord malgré une hausse spectaculaire (lire encadré). « On a enfin compris que le solaire et l'éolien n'étaient pas réservés aux hippies », se réjouit Emmanuel Cau, vice-président (Verts) chargé du développement durable à la région. W