«On ne gagne pas une élection sur un bilan», se désolait presque Bernard Roman, vice-président (PS) de la région, chargé des finances. Ce n'est pas une raison pour ne pas le dresser, à un mois et demi des élections régionales. 20 Minutes passe en revue six ans de présidence de Daniel Percheron. Avec une précision: les socialistes ne disposaient que d'une majorité relative (46 élus sur 113) et ont dû parfois composer pour mener à bien leur politique.
1. Un budget maîtrisé 2. Les yeux plus gros que le ventre
«L'objectif, c'est de vendre la région pour inciter les entreprises à venir s'installer», avoue Bernard Roman. Alors, on lâche les paillettes dans des équipements sportifs démesurés. Autre exemple: les lycées. Neuf ont été inaugurés durant le dernier mandat. Avec, à chaque fois, une nouvelle prouesse architecturale. Enfin, le Louvre-Lens, prévu à l'origine pour 117 millions, a vu son prix grimper jusqu'à 150 millions.
3. Le développement économique au petit trot
Une compétence dont la région s'est emparée en 2004. La chambre régionale des comptes y pointe une cohérence; l'opposition, des insuffisances. Une évaluation nationale menée par un cabinet de consulting constate que les pôles de compétitivité ont du mal à émerger, mis à part I-trans (transport ferroviaire). La création d'entreprises, en progression, s'accompagne de peu de créations d'emplois. Nous sommes une des dernières régions d'Europe en capacité d'embauche, d'après un rapport européen. Le nombre trop restreint de PME reste un des gros points faibles économiques. Patience, un plan «2.000 PME» a été lancé il y a un an. La grande fierté du clan Percheron: rester, depuis une quinzaine d'années, la troisième région d'accueil des investissements étrangers avec plus de 10% du total français.
4. Recherche et innovation au point mort
Le bonnet d'âne national. La région reste bonne dernière: 0,7% du produit intérieur brut (PIB) contre 2,1% en moyenne en France. La raison est simple et résulte de la double peine. La politique d'investissement se focalise sur les grands travaux d'équipement nécessaires pour rattraper le retard par rapport au reste de la France. Résultat, l'argent manque pour la recherche et l'innovation.
5. La formation au piquet
C'est le point noir, partagé avec l'Etat. Avec environ 230 millions par an, elle représente les plus gros frais de fonctionnements. Pour un résultat proche du néant. Le Nord-Pas-de-Calais se situe parmi les six régions où les sommes dépensées par habitant sont les plus importantes. Les Nordistes restent les gens les moins formés et les plus illettrés. A la décharge de la région, le taux d'encadrement à l'école primaire est inférieur à la moyenne nationale.
6. Une politique de saupoudrage
C'est la grande accusation de l'opposition qui parle d'une «politique de guichet». A force de vouloir être sur tous les fronts en brandissant son «bouclier contre l'état», la région se disperse, notamment en sport et en culture. A contrario, 15% du budget ne concerne que la politique des TER et plus des trois-quarts des dépenses relèvent des grandes compétences du conseil régional.
7. La petite dette qui monte, qui monte
Ce n'est rien à côté de celle de la France, mais elle a augmenté d'un tiers en six ans et représente 350 euros par habitant. Dans une région où les salaires moyens sont les plus bas de France, la marge de manoeuvre fiscale est faible. Plus de la moitié des ménages ne paient pas d'impôts car non propriétaires de leur logement. Motif de satisfaction: les impôts ont moins augmenté (24% contre une moyenne de 28,2%) que dans les autres régions entre 2004 et 2009.
8. Les réussites du mandat
Une politique volontaire en matière de transport en commun et de norme HQE pour le bâtiment font de la région une pionnière. Le plan cancer montre déjà des résultats positifs dans le dépistage, et l'économie sociale et solidaire se porte plutôt bien.
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