Intervenir autrement. Dans le Nord, c'est devenu le leitmotiv de la Cimade depuis que l'association, qui s'occupait de la mission d'assistance juridique aux étrangers en rétention, a passé la main en début d'année à l'Ordre de Malte au centre de rétention administrative (CRA) de Lesquin et à France terre d'asile à Coquelles. Tout en respectant la mission confiée aux nouveaux prestataires, elle maintient quatre permanences d'accueil des étrangers dans le Nord , dont une à Lille. Un bon complément à l'action de l'Ordre de Malte à l'intérieur du centre de Lesquin.
« Dans bien des cas, ceux que nous rencontrons à l'extérieur des centres de rétention risquent de se retrouver un jour à l'intérieur », explique Anne-Claire Grandjean, de la Cimade de Lille. C'est arrivé début janvier, quand Kamel et Jamal, deux jeunes Afghans, sont placés à Lesquin pour être renvoyés vers la Grèce. La Cimade juge alors bon d'intervenir : « Notre réseau nous a averti de leur arrestation. C'est nous qui avons pris l'initiative d'un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme, en concertation avec l'Ordre de Malte ». Autre objectif : lancer un « observatoire citoyen de la rétention », sur le modèle de celui qui vient de voir le jour à Palaiseau, en région parisienne. Le principe : rassembler les militants de diverses associations (Réseau éducation sans frontières, Amnesty international...), pour assurer une veille dans les centres auprès des sans-papiers.
« Nous voulons apporter une écoute, car les gens en rétention se sentent souvent très seuls », explique Anne-Claire Grandjean. Au CRA de Coquelles, la Cimade reste d'ailleurs encore un peu présente. Un de ses anciens salariés, resté par bénévole dans l'association, travaille désormais pour France terre d'asile (FTDA). Ce dont se félicite Radek Ficek, coordinateur rétention de FTDA, tout en rappelant que des limites de « confidentialité sont bien sûr posées ». W