Les frères ennemis de la Côte d'Opale seront enfin réunis. Mais la dernière étape de la fusion des chambres de commerce et d'industrie (CCI) de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque s'est disputée dans la douleur. Ce soir, quinze jours après ses deux homologues, la CCI de Boulogne va voter sa dissolution, prélude à la création en 2011 de la future chambre de commerce et d'industrie territoriale de la Côte d'Opale, rassemblant les trois villes du littoral et 19 000 entreprises.
Au dernier moment, Boulogne avait traîné les pieds. Francis Leroy, le président de cette CCI, avait même menacé en octobre de ne pas voter la dissolution. Il s'inquiétait de la répartition, au sein de la future CCI, des 60 sièges des futurs membres. Un bras-de-fer payant puisque les sièges devraient être partagés en trois tiers entre les trois villes. « Une sorte d'accord électoral avant les élections consulaires de l'automne », décrypte-t-on à Calais, où sera basé le site de la future CCI.
Francis Leroy avait refusé de voir un Dunkerquois diriger les ports de Boulogne et Calais, gérés par les chambres mais propriétés de la région. « Dunkerque ne s'immiscera pas dans leur gestion », savoure-t-il. Une société portuaire, rattachée à la chambre, devrait être mise en place. Ces arrangements de dernière minute vont permettre de créer cette CCI, la deuxième de la région en poids économique. « Nous étions les derniers à ne pas avoir dissous nos chambres, le préfet était un peu contrarié », respire Dominique Naëls, président de la CCI de Dunkerque. Lui peut souffler : seul candidat déclaré, cet accord devrait assurer son élection à la tête du futur ensemble. W
Gabriel Thierry