SOS à la Sauvegarde. L'association nordiste, qui emploie un millier de salariés dans le secteur de l'aide à l'enfance et de la prise en charge médico-sociale, est à un tournant de son histoire cinquantenaire. Quelques dizaines de salariés ont manifesté, hier après-midi, devant l'institut médico-éducatif (IME) Lino-Ventura de Lille, à l'appel d'une intersyndicale SUD-CGT-CFDT. Comme l'ensemble des structures gérées par l'asso, l'IME va voir son organisation remaniée à l'occasion de la signature d'un contrat pluriannuel (CPOM) avec la Ddass du Nord. Instaurés par une loi de 2002, les CPOM ont un objectif louable : sécuriser le financement des associations pour une période de cinq ans. En échange, les assos ne pourront plus demander la couverture de leurs déficits de fin d'année.
« Nous aurons une base plus solide pendant cinq ans, se satisfait Gérard Tonnelier, mais pour cela nous devons nous adapter et faire preuve de souplesse. » Une « souplesse » qui inquiète les salariés. « Le personnel ici est très qualifié, et donc mieux payé. C'est ça qu'ils veulent changer », explique Jean-Marie Duriez, délégué CGT. De fait le « coût à la place » à la Sauvegarde est parfois supérieur de 30 à 40 % à celui d'autres intervenants, selon son directeur. Pour les syndicats, le CPOM vise à « augmenter de 20 % le nombre de personnes prises en charge ». « Et certains services sont déjà en rupture », précise Arnaud Beaujean, de la CFDT. « C'est vrai que c'est une période de transition difficile, reconnaît Gérard Tonnelier. Mais elle est incontournable. » W