Les droits de l'enfant s'appliquent partout, même à Lille. Ariel, 6 ans, en sait quelque chose. Grâce à l'application directe, en droit français, de la convention internationale, il a pu rester en France, son pays de naissance, avec ses parents centrafricains qui risquaient l'expulsion. « La Convention est importante ici aussi, car elle établit que c'est l'intérêt de l'enfant qui prime dans les décisions de justice », explique Dalila Dendouga, avocate et adjointe déléguée aux droits de l'homme. La ville de Lille célèbre les 20 ans de la convention jusqu'au 10 décembre*.
Arrivés en France en 2000, les parents d'Ariel ont reçu en janvier 2009 un arrêté préfectoral d'expulsion. Sandra, la mère, se souvient : « J'ai prévenu la directrice de l'école d'Ariel, elle a organisé une réunion de parents d'élèves. » A Saint-Maurice, cette mère n'est pas une inconnue. Le soutien de l'école puis des élus, dont Martine Aubry, a été décisif pour obtenir des papiers. C'était le 23 octobre. Depuis, le papa d'Ariel travaille à la Bottega, un resto du Vieux-Lille. Et la famille n'hésite plus à sortir de son trois-pièces, pour aller voir les animations de Noël par exemple. Mercredi dernier, ils ont poussé jusqu'à la préfecture : Ariel y a reçu un très officiel « titre d'identité républicain ». W
*www.mairie-lille.fr.