Et si le barbouillage antipub devenait un acte de civisme ? Pas encore pour le délégué du procureur qui avait convoqué, hier matin, un des barbouilleurs du collectif des Déboulonneurs pour un rappel à la loi. Motif : en début d'année, Alessandro Di Guiseppe avait maculé un panneau publicitaire rue de Béthune. L'afficheur Decaux avait porté plainte, réclamant 118 euros de dédommagement. Amende que le collectif refuse de payer. « Pas question qu'on donne de l'argent à des pollueurs », insiste Laetitia Vidal, membre du collectif dont le combat est de changer les règles d'affichage publicitaire dans les espaces publics. Leur revendication : la réduction du format à 50 x 70 cm, à l'instar de l'affichage associatif et politique. « Nous ne sommes pas contre la pub, mais nous réclamons un droit à la non-réception quand on se promène dans les rues », explique Laetitia Vidal.
D'ici quelques semaines, certaines actions de barbouillage pourraient bien devenir légales. Il y a deux ans, la ville de Lille avait établi un nouveau règlement de la publicité sur la voirie : interdiction d'affichage sur certains sites, notamment les espaces verts ou près des monuments historiques et restriction dans d'autres lieux comme les zones piétonnes. « Une tolérance de deux ans avait été laissée aux publicitaires pour se mettre en conformité. Or, ils en ont profité pour multiplier les panneaux », constate Jacques Richir, adjoint (MoDem) au cadre de vie à Lille. La mairie en a listé environ 250 qui doivent disparaître au plus tard le 23 novembre. Auxquel cas contraire, les PV pourraient pleuvoir.
« On attend ça avec impatience, se réjouit Laetitia Vidal. En 2010, on va s'occuper en priorité de ceux qui n'ont pas été retirés. » Hier soir, le collectif des Déboulonneurs s'est attaqué à sa 24e cible depuis la naissance du mouvement à Lille : le bâchage d'un 4 x 3 et le barbouillage d'une sucette publicitaire devant le tribunal. W
Gilles Durand