Nadine Decuyper, 57 ans, de Dunkerque, a poussé le fauteuil vide du défunt mari d'une amie. « Moi j'ai toujours mon mari, qui travaillait dans la sidérurgie, mais il a un appareil respiratoire jusqu'à la fin de sa vie ». Comme elle, des milliers de victimes de l'amiante ont défilé samedi à Paris, avec pour la première fois la participation de magistrats. Tous étaient venus s'opposer à la suppression du juge d'instruction, qui signerait, selon les manifestants, un « enterrement » des affaires de santé publique. Les participants au défilé (2 400 selon la police, 4 000 selon les organisateurs) ont marqué un arrêt devant le Pôle de santé publique, qui centralise la plupart des plaintes liées à l'amiante. Des veuves de l'amiante ont déposé des fleurs sur un cercueil géant. Nadine rappelle d'ailleurs que son mari « a enterré beaucoup de ses collègues, certains devaient porter des tabliers de protection contre la chaleur à l'usine, mais ils étaient en amiante ». Suite à la manifestation, le ministère de la Justice a organisé une réunion sur la réforme le 21 octobre. W
O. A. (avec AFP)