Leur avenir professionnel est suspendu au délibéré, rendu le 24 septembre. Les six CRS de Dijon accusés d'avoir frappé des jeunes à la sortie d'une boîte de nuit et détruit leur voiture, le 12 juillet, à Wormhout, comparaissaient vendredi devant le tribunal correctionnel de Dunkerque.
Une première étape pour les CRS, avant le conseil de discipline de la police. Car si le tribunal suit les réquisitions du procureur Philippe Muller (8 mois de prison avec sursis), la révocation des policiers serait quasi automatique, selon leurs avocats. L'équivalent d'une « mort sociale » pour Me Steylaers.
Après l'audience, les raisons de cette expédition punitive restent floues. « J'ai été lâche », explique l'un. « J'ai suivi », murmure un autre. Olivier, 34 ans, le « meneur » selon l'enquête de police, tente un début d'explication : « Avant le vol de notre bouteille dans la boîte, il ne s'est rien passé, argumente-t-il. C'est l'effet boule de neige, on s'est sentis insultés. » Après une petite embrouille, les policiers, très alcoolisés, repartent vers leur cantonnement puis reviennent à la discothèque, pour « s'expliquer ». Ils tombent par hasard sur Romain, polo jaune et coiffure tektonik, Kevin et Toufik, qui n'avaient rien à voir avec cette histoire de bouteille prétendue volée. La voiture de Toufik, achetée trois semaines plus tôt pour travailler en Belgique, est transformée en épave.
« De la violence gratuite », résume Philippe Muller. Devant les jeunes hommes, les policiers s'excusent. Il est peut-être trop tard. W