Ils ont traversé la Manche pour manifester

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Publié le 29 juin 2009.

Calais et ses migrants, ça les concerne aussi. Ils sont Anglais et ont traversé la Manche pour manifester, samedi, à Calais, à l'appel du collectif « No Border », qui milite pour la suppression des frontières. Tim, fines lunettes et cheveux bouclés, la vingtaine, et James, un professeur d'anglais de 36 ans, ont passé toute la semaine en France pour rencontrer des militants et braquer le projecteur sur les migrants. « Tout le monde devrait vivre là où il le désire, assure Tim. Il faudrait qu'il soit possible de traverser la Manche. » Devant eux, des CRS. Dès 9 h 30, en quittant le camp, puis tout au long de la route vers le phare, point de départ de la manifestation. « Ils ne veulent pas que le peuple s'exprime », analyse James, petite barbe et bob sur la tête pour se protéger du soleil. Il était déjà là pour le camp « No Border » de 2007.

« Nous étions 500 et une seule personne a été arrêtée. Cette manifestation, ce n'est pas pour la violence, mais pour trouver des solutions pour les migrants. » L'Angleterre en crise, l'eldorado britannique rêvé par les migrants est mal en point. Le slogan « Des travailleurs anglais pour les jobs anglais » a eu du succès outre-Manche. Tim, un coup de soleil sur le front, propose sa solution : « Il ne faut pas stopper l'immigration. Il faut les mêmes droits pour tous les travailleurs. Les entreprises paient moins bien les migrants. » Jack, 24 ans, collecteur de fonds pour les ONG et arrivé jeudi au camp, renchérit : « Sans eux, des jobs ne trouveraient même pas preneur. »

12 h 15, après des détours pour rejoindre le phare et le début d'une altercation avec la police, la manifestation débute enfin. Commentaire de James, qui partage sa précieuse crème solaire : « Les gens de Calais sont sympas, ils ont le sourire. On est pacifiques. » Le millier de manifestants s'étale sous un soleil de plomb, sans incident : de quoi rendre disproportionné le dispositif policier omniprésent mis en place, fort de 2 000 hommes. Il est 14 h et les manifestants se dispersent peu à peu. Une maman donne la tétée à son bébé. James, un bout de fromage tiède dans les mains, réfléchit à son après-midi : une bière fraîche, une visite de Calais et des échanges avec des militants. Vraiment pas de quoi paniquer. W

Gabriel Thierry
Emploi

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