Cette fois, c'était la bonne. Après deux renvois, Jean-Claude Lenoir a comparu, hier, devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Pour avoir outragé trois CRS, 1 500 euros d'amende ont été requis à l'encontre du vice- président de Salam, association d'aide aux migrants. « Deux charters partaient d'Angleterre pour l'Afghanistan », rappelle le président devant une salle comble. C'était le 8 novembre dernier. Jean-Claude Lenoir s'en souvient très bien. Il craignait alors que les avions ne fassent le plein de migrants en France au passage. « Il y avait 250 policiers sur le terrain avec des chiens sans muselière et un hélicoptère », avance Lenoir.
Chaussures de voile aux pieds, il lit son petit carnet d'écolier à la barre. Conteste les insultes, la procédure. Non, il n'a pas dit « Allez vous faire foutre ». Les policiers affirment « qu'il a essayé de forcer le barrage, avant de se laisser tomber à terre et de se déshabiller ». « Pour influencer l'arbitre, comme au foot, interprète Thierry Normand, l'avocat des CRS, qui demande 1 euros symbolique. Ce n'est pas le Chili de Pinochet ! » Bref, Jean-Claude Lenoir n'aurait pas été arrêté pour rien selon l'avocat. Après une heure d'audience, le procureur Sabatier se fait discret, requérant brièvement 1 500 euros d'amende avant que le procès ne tombe dans la caricature. Décision le 21 juillet. W
Gabriel Thierry