Ils croyaient manifester contre leur sortie des centres de rétention
administrative (CRA). Les membres de la Cimade ont finalement célébré hier, devant le tribunal de Lille, la suspension de la décision du ministère de l'Intérieur. L'association était la seule habilitée depuis vingt-cinq ans à assister les sans-papiers placés en rétention avant leur expulsion. Elle a obtenu, samedi au tribunal administratif de Paris, le droit de prolonger son action de trois mois en attendant un jugement définitif.
A Lille-Lesquin, Anne-Claire Grandjean s'était préparée à mener sa mission de l'extérieur : « Nous avions expliqué notre départ aux migrants, mais ils ne comprenaient pas trop. » A Lesquin, l'Ordre de Malte devait prendre le relais hier. « Eric Besson avait choisi de nous écarter car nous étions trop vigilants », estime Jean-Marie Rausenberger, président de la Cimade Nord-Pas-de-Calais. Lequel promet de travailler avec les associations « qui partagent les valeurs de la Cimade, même lorsqu'elles ont été concurrentes ». « Ecarter la Cimade, cela brisait un réseau de solidarité solide dans la région, raconte Annick Batallan, de la Ligue des droits de l'homme. Pendant trois mois, nous allons pouvoir travailler de nouveau la main dans la main. » Et après ? « Nous verrons, explique Jean-Marie Rausenberger. Qu'on soit dans les CRA ou en dehors, nous aiderons les migrants à faire respecter leurs droits. » W
O. A.