Valenciennes jugée sur sa méthode éclair

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Publié le 2 juin 2009.

Plus vite que la musique.

Plus vite que la musique.

Le tribunal administratif de Lille pourrait décider

la semaine prochaine d'annuler le permis de construire du nouveau stade de football de Valenciennes, sur le site de Nungesser. Et pourtant, il est déjà en chantier : le béton des tribunes a été achevé mi-mai. Valenciennes Métropole, habituée des procédures éclair, est peut-être allée trop vite, cette fois.

Le commissaire du gouvernement, souvent suivi par les juges, a en effet relevé jeudi deux insuffisances dans les études d'impact de l'ouvrage. La présence de fortifications Vauban n'y a pas été mentionnée, alors qu'elles sont connues depuis la fin du XIXe siècle. Tout comme les nuisances sonores résultant des soirées spectacle. De la « précipitation », selon l'association Citoyens à Nungesser, à l'origine du recours au tribunal.

La méthode de Valenciennes Métropole a fait ses preuves. Le tramway en est un exemple : mis en service en 2006, cinq ans après sa déclaration d'utilité publique, il est étendu un an plus tard et sa deuxième ligne vient d'obtenir 25 millions d'euros de financement d'Etat. Chaque fois, la tactique est la même : simplicité, rapidité. « Pour le stade, c'est l'agglo qui construit, explique Francis Decourrière, président du VAFC et de Valenciennes Métropole au lancement des travaux. On a opté pour un financement simple, pas une usine à gaz comme le PPP [partenariat public-privé, choisi à Lille]. Et on a lancé en même temps la plupart des étapes du dossier, pour être prêts au bon moment. » Résultat : il n'a fallu que quatre mois à Valenciennes pour conclure le concours d'architectes, quand Lille Métropole en a pris treize pour le Grand Stade. Et les travaux ont débuté vingt-deux mois après le vote en assemblée, tandis qu'à Lille ils n'ont pas commencé, trente-neuf mois après la décision de principe... « Nos projets sont plus modestes et nous n'avons que 140 collaborateurs, rappelle-t-on à Valenciennes Métropole. Nous utilisons de petites équipes très concentrées, avec des délais très courts, qui paraissent même parfois irréalisables... » D'où, peut-être, la décision de remblayer, pour raison de sécurité, une partie des vestiges historiques mis au jour près de Nungesser. Une méthode un peu expéditive que le commissaire du gouvernement a peu goûté. Décision le 11 juin. W

Olivier Aballain
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