La nouvelle vie de Varsovie ne manque pas de caractère

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Publié le 20 mai 2009.

Capitale aux larges avenues et aux immeubles colossaux, Varsovie rappelle Berlin. En plus petit, mais avec autant de parcs. Varsovie n'a pas de coeur, que des poumons. Avec ses 231 mètres, le Palais de la Culture donne le ton architectural. Ce bâtiment, érigé sous Staline, contraste aujourd'hui avec une architecture moderne encore plus vilaine. Difficile de n'accuser que le régime communiste. Pour pre le quartier Praga, qui n'a pas été détruit en 1945, est encore plus désolant. Mais la métamorphose est en route. Dans les rues, les chantiers prolifèrent.

« C'est une ville qu'il faut connaître dans le détail, défend Michal Pawlik, responsable d'une agence graphique. Pas de vrai centre-ville mais beaucoup d'enclaves avec du caractère. » De fait, Varsovie est une immense façade derrière laquelle se blottit une vie sociale animée. Combien de bars, de restaurants n'ont pas pignon sur rue ? Sans compter les commerces qui animent les passages souterrains transformés en galeries marchandes.

« C'est une ville très différente du reste de l'Europe centrale parce qu'elle n'a pas de mémoire, explique Stach Szablowski, conservateur du musée d'art contemporain Zamek. Ma famille de Poznan peut remonter son arbre généalogique jusqu'à la nuit des temps dans la même ville. Ici, tout s'est arrêté en 1945. » Notamment la culture juive, et avec elle, une partie de la culture polonaise. Même si de nombreux habitants refusent de l'admettre. Car aujourd'hui, la religion garde un certain poids et remplace la grosse moustache dans le rôle du censeur.

Une sculpture de Jean-Paul II frappée par une météorite

« Le niveau de tolérance augmente au fur et à mesure des scandales », avoue néanmoins Stach, évoquant la controverse d'une sculpture de Jean-Paul II frappée par une météorite. A l'en croire, les artistes seraient d'ailleurs de plus en enclins à jouer les activistes politiques. « Le fossé s'est creusé entre l'ancienne et la nouvelle génération qui n'a jamais connu le communisme », explique Jaczek Lang, un musicien qui a passé dix ans en France, dont une partie à Lille.

Une rupture encore plus importante qu'en 1989, à la chute de l'ancien régime. « L'art officiel avait disparu depuis longtemps. Et sous Jaruszelski, le gouvernement ne s'occupait pas de culture », raconte Stach. La révolution culturelle est donc peut-être en marche. Une partie de réponse ce week-end. La suite en 2016, si Varsovie décroche le titre de capitale européenne de la culture. W

Gilles Durand, envoyé spécial à Varsovie photos : éléonore delpierre
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