Ils n'étaient qu'une quinzaine en grève. Mais depuis le 5 février, ils perturbaient le fonctionnement d'une usine de deux mille salariés. Les dresseurs de Bombardier Crespin devraient reprendre le travail ce matin, près d'un mois après le début de leur mouvement de grève. En haut de la chaîne de production de matériel ferroviaire, ces ouvriers spécialisés dans la chaudronnerie réclamaient une hausse de salaire et une reconnaissance de la spécificité de leur métier. « Nous avons défini un plan d'action avec eux et nous allons maintenant le mettre en oeuvre », nous a confié, hier, Eric Petit, le directeur de l'usine, satisfait de la reprise du travail.
Il n'en a pourtant pas fini avec ce dossier. Bloquée pendant trois semaines, la production a en effet été en partie délocalisée par la direction sur son site de Bruges, en Belgique. « Il y a eu entrave au droit de grève, lance Gilbert Lesne, délégué syndical CGT. Nous avons donc fait venir un huissier pour réaliser un constat. Une action en référé est en cours. » Un argument de plus que les ex-grévistes ont prévu de faire valoir lors des futures négociations. Non sans résultat. Selon nos informations, la direction s'apprêterait en effet à doubler leur prime. ■ Vincent Vantighem