Les scellés sont toujours en place. Près d'un mois après l'explosion qui a causé la mort d'un ouvrier à la raffinerie Total de Fort-Mardyck, l'accident n'a pas été expliqué. « Dans les ateliers, on n'a aucune info, assure un salarié d'Endel, sous-traitant de Total. On continue de bosser comme avant. » C'est ce qui inquiète François Croquefer. Responsable de l'union locale CGT de Dunkerque, il vient de réclamer une entrevue à la sous-préfecture à ce sujet. « On envoie les sous-traitants au casse-pipe. Il y aura d'autres accidents, dénonce le syndicaliste. C'est maintenant qu'il faut agir. »
Avec treize sites classés Seveso, l'industrie dunkerquoise a recours massivement aux sous-traitants. Outre le nettoyage et l'approvisionnement des usines, c'est dans le domaine de la maintenance que se concentrent les missions. Selon une étude de la chambre de commerce de 2006, l'emploi dans ce domaine a progressé de 6 % en dix ans, pour atteindre 4 700 salariés. « Les entreprises sont déconnectées de leur maintenance, poursuit François Croquefer. Elles ne savent plus qui fait quoi... » Ainsi, quand Total emploie 350 personnes directement, il en sollicite autant à travers ses sous-traitants. « Depuis l'accident, nos procédures n'ont pas changé, assure la direction. On attend de connaître les résultats de l'enquête... » ■