Cent jours de carnaval, ça donne des ouvertures. D'autant que le déguisement garantit l'anonymat. « Il y a pas mal d'histoires de fesses durant le carnaval. C'est le paradis des célibataires », confie même Sophie, une habituée. Les couples mariés ne sont pas en reste. Pour le folklore, des carnavaleux ont ajouté une clause spécifique dans leurs contrats de mariage, qui les autorise à déserter le lit conjugal les soirs de bal. « Mais ce n'est pas un article autorisant l'adultère, comme le voudrait la légende », corrige Patrick Vève, notaire à Dunkerque. Il n'empêche, selon François Rossel, avocat au barreau de la ville, « on retrouve des aventures carnavalesques à l'origine de certaines procédures de divorces ».
Au Kursaal, la petite salle à la lumière tamisée est d'ailleurs connue pour être un lieu de drague et de rendez-vous. « C'est dur de rester fidèle », gémit même Franck. D'autant que les femmes sont habillées en homme, et vice-versa. Mais certaines rencontres tournent à la grande l'histoire d'amour. Céline, 30 ans, a rencontré son « chéri » au bal des Acharnés. « Un copain nous a présentés et on a rigolé toute la nuit. Il m'a appelée quelques jours après... mais je ne l'avais jamais vu sans son déguisement ! » Ils vivent ensemble depuis deux ans. ■