Coup de tonnerre sur le littoral. Le président (PS) du conseil régional, Daniel Percheron, a annoncé hier soir que l'armateur Louis-Dreyfus (LDA) était intéressé par la totalité de l'activité transmanche de SeaFrance, filiale de la SNCF. Traduction : Louis-Dreyfus, tout juste implanté à Boulogne-Douvres depuis le 12 février, envisage de reprendre SeaFrance à Calais, et ses 1500 salariés.
L'annonce intervient au lendemain de la présentation d'un plan de redressement de SeaFrance prévoyant jusqu'à 650 suppressions d'emploi. LDA n'avait d'ailleurs jamais caché son intérêt pour une reprise de la filiale de la SNCF et de son activité, pourtant fortement déficitaire. « S'il y a un endroit où l'on peut gagner de l'argent, c'est dans le détroit », avait même estimé son directeur général, il y a quelques mois.
A SeaFrance, en revanche, on fait remarquer que la compagnie n'en est qu'à « l'élaboration de son projet de plan de redressement ». « Le président Pépy [de la SNCF] nous a assuré que SeaFrance avait toute sa place dans le groupe, s'étonnait hier Marc Sagot, de la CGT. Et puis ça paraît un peu trop beau. » D'autant que, selon nos informations, LDA a également affirmé à Daniel Percheron qu'il conserverait les statuts de tous les salariés, y compris ceux qui sont restés cheminots. ■■O. A., V. V. et A. M.