Un simple prêt pour acheter un lave-linge, entre 1 500 et 2 000 euros. Dissimulés sous les traits de faux clients, les enquêteurs de l'UFC-Que Choisir de Lille ont formulé cette demande à 22 établissements entre le 15 et le 30 janvier. Et le résultat est sans appel selon Robert Bréhon, président de l'association lilloise : « 73% de ces banques et sociétés d'emprunts nous ont orientés vers un crédit revolving. C'est le plus cher. » Taux d'intérêt à deux chiffres, reconduction tacite du contrat, argent toujours disponible : le revolving a tout pour plaire... au prêteur. Pas à l'emprunteur.
Car, selon l'UFC, le prêt revolving conduit directement au surendettement. Et en la matière, la région est déjà bien dans le rouge. En 2007, 17 134 dossiers ont été présentés à la Banque de France. L'étude de l'UFC le prouve, les Nordistes ne sont pas assez informés. Ainsi, 82 % des établissements interrogés n'ont pas spontanément annoncé aux clients la durée du prêt, son coût ou même le taux d'intérêt. « Et neuf fois sur dix, ils ne se sont même pas renseignés sur la situation financière de nos enquêteurs », avance aussi Robert Bréhon, en guise de preuve ultime. Une proposition de loi pour un crédit plus responsable devait justement être débattue aujourd'hui au Sénat. Elle a été reportée sine die. ■