Bernard Derosier
Président (PS) du conseil général du Nord.
Le département est-il touché par la crise financière ?
Evidemment. Ce contexte de crise n'est pas sans conséquence. Le problème de liquidités des banques a une influence directe sur nos sources de financement.
Parce que vous avez encore besoin de fonds pour boucler le budget 2008 ?
Nous avions besoin de lever 163 millions d'euros avant le 30 septembre pour couvrir l'exercice 2008. La Caisse d'Epargne nous en a prêté 60 millions, la Société Générale, 50 millions. Enfin, un accord est intervenu avec Dexia, à hauteur de 105 millions d'euros. Ce qui nous fait une avance de 52 millions pour 2009.
Les banques étaient-elles réticentes à vous prêter des fonds ?
Non. Même si ça a été plus difficile avec Dexia. Les négociations ont eu lieu alors que cette banque était en pleine tourmente.
Les taux d'intérêts ont été revus à la hausse ?
Bien sûr. De quelques dixièmes seulement. Mais sur de pareilles sommes, le coût est important pour le conseil général. D'ailleurs, près de 90 % de nos emprunts ont été contractés à taux variables.
C'est risqué ?
Aujourd'hui, l'affaire est arrangée. Mais qui nous dit qu'elle ne va pas recommencer dans deux mois ?
Vous pourriez revoir votre programme d'investissements ?
On y pense comme une éventualité. Le souci, c'est que beaucoup d'entreprises de la région, notamment dans le bâtiment, attendent nos ordres de mission. Les conséquences pourraient être terribles pour l'emploi.